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l'argent électronique

Après Le Conseil fédéral ne veut pas empêcher la monnaie électronique

Les banques privées ne devraient pas être empêchées de créer de l'argent électronique. Le Conseil fédéral ne croit pas aux recettes de la monnaie pleine pour éviter bulles financières et faillites bancaires. Ils les jugent même risquées pour l'ensemble de l'économie.

Le gouvernement proposera donc d'ici décembre au Parlement de rejeter l'initiative populaire dite "monnaie pleine". Il a d'ores et déjà décidé mercredi de ne lui opposer aucun contre-projet et préfère miser sur sa propre stratégie pour stabiliser la place financière.

Et de souligner que d’importants progrès ont déjà été réalisés, par exemple via les exigences applicables aux établissements financiers d’importance systémique ("too big to fail").

L'initiative "Pour une monnaie à l'abri des crises: émission monétaire uniquement par la Banque nationale!" exige que la Banque nationale (BNS) soit compétente pour produire l'ensemble de la masse monétaire, y compris l'argent électronique. Elle prévoit également de distribuer directement l’argent nouvellement créé aux collectivités publiques ou aux citoyens.

Selon les initiants, l'argent de tous les comptes courants serait ainsi entièrement sécurisé. L’Etat n'aurait plus à sauver des banques à coups de milliards versés par les contribuables pour assurer le service des paiements.

Fausse recette
Le Conseil fédéral n'y croit pas. L'initiative ne préserverait pas les banques des problèmes de liquidités et de solvabilité. L’argent mis en circulation par la BNS a aujourd’hui pour contrepartie des réserves de devises et d’or inscrites au bilan.

Si, comme le demande l’initiative, cet argent est mis en circulation par transfert aux pouvoirs publics ou aux citoyens, cela pourrait ébranler la confiance dans la valeur de ce moyen de paiement. La capacité d’action de la BNS en matière de politique monétaire pourrait ainsi diminuer, et il serait plus difficile de garantir la stabilité des prix.

Apprenti sorcier
Le Conseil fédéral rappelle en outre qu'aucune économie moderne n’a jamais mis en place un système de «monnaie pleine». En jouant les apprentis sorciers, la Suisse mettrait en danger la position internationale de sa place financière.

Et l'affaiblissement de cette dernière comporterait à son tour des risques pour le reste de l’économie suisse, notamment parce que l’initiative pourrait avoir pour effet de restreindre l’octroi de crédits.

(ats / 24.02.2016 13h27)